Sommeil et récupération, pourquoi mal dormir affecte ta santé mentale
- Vickie Léonard

- 29 juin
- 3 min de lecture

On parle beaucoup des heures de sommeil. Moins du sommeil qui récupère vraiment.
Parce qu'il y a une différence entre dormir huit heures et se lever reposé et passer huit heures dans un demi-sommeil agité, où les pensées tournent, où on se réveille à trois heures du matin avec une liste mentale, et où le matin arrive trop vite en laissant un goût de « pas assez ».
Si tu te reconnais dans le deuxième portrait, tu n'es pas seul. Et ce n'est peut-être pas une question de discipline.
Problèmes de sommeil au Québec, un enjeu de santé publique sous-estimé
Selon une enquête menée au Québec et rapportée par La Presse (2024), 41 % des adultes québécois disent avoir des problèmes de sommeil ce qui représente environ 3,6 millions de personnes.
Les données de Statistique Canada sont encore plus claires sur les conséquences : 12,3 % des adultes ayant un sommeil insuffisant rapportent une mauvaise santé mentale, comparativement à 5,8 % chez ceux qui dorment suffisamment. Autrement dit, le lien entre la qualité du sommeil et l'état psychologique n'est pas une impression c'est une réalité mesurable.
Et le coût de l'insomnie ne s'arrête pas là. Au Canada, le fardeau économique individuel associé à l'insomnie est estimé à plus de 5 000 $ par personne par année, dont près de 90 % attribués à des coûts indirects comme l'absentéisme et la réduction de la productivité. (Statistique Canada)
Pourquoi le sommeil est essentiel à la santé mentale et physique
Le sommeil n'est pas une pause dans la vie. C'est pendant le sommeil que le cerveau consolide les apprentissages, régule les émotions, et évacue les déchets métaboliques accumulés dans la journée.
C'est aussi le moment où le système immunitaire se renforce, où les hormones se rééquilibrent, où le corps répare ce que l'éveil a usé.
Santé Canada recommande aux adultes de 18 à 64 ans de dormir régulièrement entre 7 et 9 heures de sommeil de qualité. Le manque de sommeil a été associé à diverses conséquences négatives : maladies chroniques, mauvaise santé mentale et risque accru de décès prématuré.
Quand on dit que bien dormir est important pour la santé c'est littéralement vrai, dans chaque cellule du corps.
Ce que la recherche québécoise démontre sur l'insomnie
Le Dr Charles Morin, professeur à l'École de psychologie de l'Université Laval et directeur du Centre d'étude des troubles du sommeil, est une référence mondiale en matière de troubles du sommeil. Ses travaux ont démontré que la thérapie cognitivo-comportementale est aussi efficace que les médicaments pour contrer l'insomnie et qu'elle produit des bienfaits plus durables. Il a également développé des outils d'évaluation utilisés partout dans le monde, dont l'Index de sévérité de l'insomnie.
Ses recherches confirment ce que l'expérience clinique observe depuis longtemps : les problèmes de sommeil ne se règlent pas uniquement avec des solutions pharmacologiques.
Ils se règlent en comprenant et en modifiant ce qui se passe dans la tête.
Insomnie et stress : ce qu'on confond trop souvent
Beaucoup de personnes qui ont du mal à dormir pensent que leur problème, c'est le sommeil. Mais souvent, le sommeil est le symptôme. Ce qui se passe en-dessous, la charge mentale, la difficulté à décrocher, les préoccupations non résolues, la tension émotionnelle c'est là que se trouve la vraie piste.
Le corps essaie de faire la nuit ce qu'il n'a pas pu faire le jour.
Apprendre à réguler son état intérieur en journée, développer des transitions entre le mode actif et le repos, comprendre ses propres patterns de tension : ce sont ces éléments qui, dans la durée, changent vraiment la qualité du sommeil.
Note légale
Les services offerts chez Libertas visent le mieux-être global et le développement personnel. Ils ne constituent pas des actes médicaux, psychologiques ou psychothérapeutiques et ne remplacent pas un suivi professionnel de la santé lorsque requis.



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