La comparaison corporelle, quand le regard qu'on pose sur soi fait plus mal que celui des autres
- Vickie Léonard
- il y a 21 heures
- 4 min de lecture

Il y a des matins où ça commence avant même d'avoir mis les pieds dehors.
Devant le miroir, devant une photo, devant une story Instagram vue en deux secondes entre deux tasses de café. Et quelque chose se serre.. une pensée qu'on n'a pas choisie, qui arrive vite et qui reste longtemps.
Elle, son corps. Moi, le mien. Pourquoi je ne ressemble pas à ça.
Ce réflexe de comparaison, presque toutes les femmes le connaissent. Mais parce qu'il est silencieux, parce qu'il se passe à l'intérieur, on a tendance à le traiter comme un problème personnel.
Une question de discipline, de volonté, de confiance en soi qu'on aurait « moins que les autres ». Ce n'est pas aussi simple que ça et les données le confirment.
Ce que les chiffres disent sur la comparaison corporelle et ce qu'ils ne disent pas
Selon un sondage Léger mené pour le collectif ÉquiLibre auprès de plus de 1 800 Québécois de 14 ans et plus, une proportion importante de répondants se disent insatisfaits de leur corps.
Parmi eux, 36 % affirment avoir une obsession de contrôler leur poids, et 46 % limitent ou diminuent leur alimentation dans cet objectif.
Ces chiffres ne portent pas sur des cas extrêmes. Ils décrivent la vie ordinaire de beaucoup de femmes des décisions quotidiennes qui se prennent dans le silence, sans jamais être nommées pour ce qu'elles sont réellement.
Et les réseaux sociaux ne font qu'amplifier ce phénomène. Plusieurs études, principalement menées auprès de filles et de femmes, ont documenté l'impact de l'utilisation des réseaux sociaux sur l'image corporelle.
Il en ressort que chez les jeunes femmes, le fait d'émettre des commentaires sur des photos qu'elles jugent attirantes les incite à se comparer davantage et suscite plus d'inquiétudes relatives à leur apparence. Ce n'est donc pas une question de fragilité, c'est un mécanisme documenté, alimenté par des environnements conçus pour le déclencher.
Ce que la honte fait vraiment à l'intérieur
La chercheuse Brené Brown, qui consacre depuis plus de vingt ans ses travaux à l'étude de la honte et de la vulnérabilité, a conduit des entretiens avec plus de 200 femmes sur des sujets tels que l'apparence, l'image corporelle et l'estime de soi.
Ce qu'elle observe de façon constante : la honte corporelle n'est pas vécue comme une émotion passagère elle façonne la façon dont une femme se perçoit dans sa globalité, et affecte sa capacité à se sentir digne d'être aimée et acceptée.
Ce que ça veut dire concrètement : quand on se regarde dans le miroir en cherchant ce qui ne va pas, ce n'est pas juste une pensée sur le corps. C'est une pensée sur sa valeur.
Pourquoi « aimer son corps » ne suffit pas comme conseil
On entend beaucoup parler d'acceptation corporelle. Et si l'intention est juste, la façon dont elle est présentée peut parfois sembler aussi inaccessible que l'idéal qu'elle est censée remplacer.
Ce qu'une approche plus ancrée propose, notamment celle développée par la psychologue Kristin Neff, pionnière de la recherche sur l'autocompassion, c'est de se traiter avec bienveillance dans les moments de souffrance ou d'insuffisance, plutôt que de se livrer à une autocritique sévère.
L'autocompassion n'est pas de l'apitoiement, ni de l'auto-indulgence c'est apprendre à ne pas se punir de ne pas correspondre à un idéal.
En pratique, ça ne ressemble pas à une déclaration d'amour devant le miroir. Ça ressemble à commencer à questionner la voix intérieure qui juge.
À comprendre d'où elle vient.
À lui retirer, doucement, le droit de décider de ta valeur.
Ce qui se cache derrière le regard critique de cette comparaison corporelle
Derrière le rapport difficile au corps, il y a presque toujours autre chose.
Une peur du jugement et un besoin de contrôle.
Des messages reçus très tôt sur ce que ça voulait dire d'être « bien » dans son corps.
Des deuils, des transitions, des moments de vie qui ont laissé des traces sur la façon dont on se perçoit.
Ce travail, le démêler, le nommer, comprendre ce qui se joue en dessous c'est ce que l'accompagnement permet de faire. Pas en forçant un amour qu'on ne ressent pas encore. En desserrant l'étau, une couche à la fois.
Ce que ça change, concrètement
Travailler son rapport au corps et à l'image de soi, ce n'est pas devenir indifférente à son apparence. C'est apprendre à ne plus laisser cette apparence décider de sa journée, ou de sa valeur.
C'est être capable de passer une matinée sans que le miroir donne le ton.
C'est regarder une photo sans que le regard aille directement chercher ce qui ne va pas.
C'est habiter son corps comme un lieu d'où on vit sa vie pas comme un projet perpétuellement inachevé.
Ça ne se fait pas du jour au lendemain. Mais ça se fait.
Si la comparaison corporelle ou le regard que tu poses sur toi-même prend beaucoup de place dans ton quotidien, un accompagnement peut faire une vraie différence. Chez Libertas, on offre un espace confidentiel et sans jugement pour explorer ce qui se passe en dessous, à ton rythme.
Rendez-vous disponibles en présentiel à Mont-Laurier et en visioconférence.